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De l'INTELLIGENCE

Petite dissertation


A force de fréquenter des gens qui ont « réussi » selon les critères de notre société, j’en suis souvent venu à méditer sur l’intelligence.


1. Quelques contre-vérités :

- Croire que quelqu’un est intelligent parce qu’il est bon en math est une grossière erreur. Vous pouvez avoir une bonne tête pour les chiffres et être un parfait crétin.

- Les tests de QI sont établis par des gens qui, très souvent, ont une approche ou une vision étriquée de la chose.


2. L’intelligence, c’est :

- savoir s’adapter aux circonstances, au changement
- savoir moduler son discours en fonction de son auditoire
- savoir exprimer des idées ou des concepts abstraits, et ce avec des mots simples
- savoir se remettre en question (ce que, au final, très peu de gens savent faire)
- garder un pied en dehors du cercle et l’autre à l’intérieur

Dans mon parcours académique j’ai eu quelques fois affaire à des gens qui utilisaient un jargon pseudo-intellectuel impénétrable, sans doute pour se distinguer du commun des mortels. Ces gens-là ne sont pas intéressants. On ne gagne rien à les fréquenter.


3. Mais l’intelligence ne va pas forcément de pair avec la réussite.

J’ai souvent été confronté à des chefs d’entreprise et des cadres supérieurs. Et, souvent, je me suis dit : comment cet individu, infiniment basique, primaire, inculte, sans la moindre nuance, sans la moindre finesse, se trouve dans une position qui est la sienne ?

Pour réussir je crois qu’il y a quatre facteurs :

- le physique et la voix. Tout simplement. C’est con à dire, mais votre voix joue beaucoup. Plus votre ton est grave et désinvolte, plus vous aurez de chance d’être pris au sérieux, même si c’est pour déblatérer de grosses conneries.
- le manque de scrupules. Avoir des scrupules est un signe d’intelligence. Mais c’est aussi une énorme tare. Particulièrement dans le monde des affaires. Pour réussir en entreprise, il faut être prêt à marcher sur les autres. Les uns le font naturellement, sans en être véritablement conscient, les autres enfouissent leurs scrupules au tréfonds de leur être.
- le facteur chance. C’est indéniable. Et ce n’est pas forcément évident de la saisir au moment où elle se présente. Beaucoup de choses peuvent vous en empêcher.
- les connections. Si, comme moi, vous êtes asocial / agoraphobe / misanthrope, vous êtes foutu. Vous ne pouvez pas réussir seul.


Ne jugez jamais trop vite un individu sur son parcours scolaire / académique. Il faut toujours tenir compte du fait que certains enfants mûrissent moins vite que d’autres. De plus, l’environnement familial (répressif ou stimulant) joue énormément dans l’épanouissement et le développement des facultés.


Je n'aime pas les gens sans coeur, qui critiquent pour se mettre en valeur. Je n’aime pas les gens qui ne se posent jamais de question, bien ancrés dans leurs certitudes. Et je n'aime pas les gens qui se laissent machinalement emporter par le courant.
ça fait beaucoup !

Donald Sheridan