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De l'apprentissage des langues
ou
Les « éclopés culturels »





J’ai toujours trouvé que c’était très réducteur d’apprendre une langue dans une optique purement professionnelle. Et je déplore le fait que le français soit en perte de vitesse par rapport à l’anglais, l’espagnol ou le chinois.

L’italien et le français sont des langues cousines. Peu de gens apprennent aujourd’hui l’italien, et c’est dommage. Au même titre que la France, on peut considérer l’Italie comme une véritable exception culturelle.

Quant à l’anglais, je la considère comme une langue sœur. C’est peut-être dur à avaler pour certains d’entre vous, mais si vous pratiquez couramment les deux langues, vous le comprendrez aisément. Vous comprendrez que les deux cultures se complètent, qu’elles se sont interpénétrées au fil des siècles et qu’on peut réellement parler d’une histoire commune.

Ce qui faisait le charme d’une ville comme Alexandrie, c’était son caractère cosmopolite. On jonglait de l’anglais au français en passant par le grec, l’italien, le copte et l’arabe. C’était pareil à Beyrouth, Istanbul, Pékin et j’en passe…
Oh, je ne fais pas l’apologie du colonialisme. Je dis simplement que l’anglais s’est imposé au détriment des autres langues et avec elle une conception anglo-saxone du monde qui n’est pas forcément mauvaise, mais qui aurait besoin d’être tempérée.

Tourner le dos à des langues telles que le français, l’italien, ou l’allemand, cela revient à amputer votre âme. Vous êtes, d'une certaine manière, un « éclopé culturel ».

Donald Sheridan












Le phare d'Alexandrie
Emblème d'une cité cosmopolite