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Comme il se la pète avec son argenterie !





Non, je n’ai pas de smartphone.
Non, je ne roule pas dans une grosse bagnole chromée.
Non, je n’ai pas de télé.
Oui, j’ai des couverts en argent massif ! Et si ça vous pose un problème, je m’en contrefous.

Une anecdote :
Quand j’étais petit, j’étais très jaloux parce que mes grands frères avaient pour marraine leur grand-mère paternelle. Elle était conne comme un boulon (elle a fait beaucoup de mal autour d’elle), mais pétée de fric.
A chaque anniversaire (ou Noël, je ne sais plus) mes frères se voyaient offerts une paire de couverts en argent massif. Moi, ça me rendait dingue. Et ma mère, de me dire pour m’apaiser : « Ne t’inquiète pas mon chéri, tu hériteras de mon propre service ». Un service dessiné par un architecte autrichien de renom dans les premières décennies du XXème siècle (le Palais Stoclet, à Bruxelles, est de son fait).
Sur le coup, je m’en consolais. Mais maintenant que je suis « brouillé » avec ma propre mère (une femme éminemment hypocrite, imbue d’elle-même, bouffée par un orgueil démesuré) et que je ne la vois plus depuis quelques années, je suis comme Perette et le pot au lait : adieu veau, vache, cochon, couvée. Adieu beau service en argent massif (fin art nouveau / début art déco) signé Hoffmann.

Donc, que faire ? Et bien comme je suis un collectionneur compulsif (voir mes « collections), je me suis mis en peine de me constituer mon propre service, en me le procurant pièce par pièce sur ebay. Et j’y suis (presque) arrivé. J’aime bien le style Old English et, ce qui est bien avec l’argenterie, c’est que son cachet s’accroît avec le temps (pour peu qu’elle reste en bon état).

Je sors rarement ce service, parce que je sais que certaines personnes vont mal interpréter la chose en pensant que je me la pète. Non, je ne me la pète pas. J’aime simplement une belle table. Et oui, j’aime aussi certaines traditions. Et non, je n’ai pas toujours envie de renier mes origines pour ménager mes invités.

Donald Sheridan