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Il est mort comme il a vécu …
… en trou du cul





On ne fait pas des gosses si c’est pour les délaisser.
Mon père n’a pas passé le 20ème du temps que je passe avec mes enfants. Il rentrait tard le soir. Le samedi il bichonnait sa chère petite voiture et le dimanche c’était « compèt de golf ».

Il est mort quand j’avais quinze ans. Il a contracté un cancer qui a duré 6 mois. Il aurait pu se rapprocher de nous pour nous préparer, nous prodiguer quelques conseils, rattraper le temps perdu … mais il ne l’a pas fait.
Le soir de sa mort, j’écoutais de la musique dans ma chambre.
J’ai longtemps culpabilisé en me demandant pourquoi je n’avais rien ressenti de particulier le jour de son enterrement. Maintenant que j’ai 3 enfants, je sais : c’était un trou du cul.

Et, ma foi, je dirais à peu près la même chose de ma mère (qui est encore vivante), bien que ce soit sensiblement différent.
Avec ma mère, j’ai grandi à l’école de l’hypocrisie. Elle s’y prenait très bien pour vous décocher un grand sourire… et vous poignarder dans le dos. Tant et si bien qu’aujourd’hui je ne parviens plus à me fier aux paroles ni aux sourires.
Mais il y a pire. Je reproche surtout à ma mère d’avoir reporté son mal-être sur un petit garçon qui était, somme toute, bien dans sa tête. A force de dire à un gamin qu’il est mal dans sa peau, il finit par le croire et à le devenir.

Et de conclure par une citation de l’acteur Robin Williams :
« Peu importe si vous avez du style, une réputation ou de l’argent. Si vous n’avez pas bon cœur, vous ne valez rien ».

Mes enfants sont heureux. Ils sont et se sentent aimés. Et ils ont appris à partager cet amour. C’est essentiel.

2017