Sheri's Tribune







Langues et sociétés cosmopolites

Je suis à la fois anglophile et francophile, ce n'est pas incompatible.
Ce qui me chagrine, c'est la prédominance de l'anglais, l'hégémonie de la culture anglo-saxone et une vision du monde qui, à mon sens, nécessite d'être tempérée.

La société alexandrine et cairote du début du vingtième siècle était riche. Riche car on y parlait le grec, le copte, l'arabe, l'italien, l'anglais et le français. Il n'était pas rare de rencontrer des gens qui parlaient deux, trois, voire quatre langues. Pas forcément à la perfection. Les commerçants et courtiers conversaient dans un anglais plutôt précaire, un français boiteux. Mais enfin, ils pouvaient communiquer. Et le fait de communiquer dans des langues qui n'étaient pas les leurs leur conférait une ouverture d'esprit que les élites anglophones actuelles n'ont plus.


Languages and cosmopolitism

I'm both anglophile and francophile. It's not incompatible.
What upsets me is the predominance of the English language, the hegemony of the Anglo-Saxon culture and a perception of the world which needs tempering.

Alexandria's and Cairo's society, at the beginning of the twentieth century, was rich. Rich because one could hear its people speaking Greek, Coptic, Arabic, English and French. Many were those who spoke at least three languages, if not four. Not perfectly, of course. Shopkeepers and brokers would speak a wobbly English and a shaky French. But they could communicate. And exchanging in languages that were not their own would broaden their mind and horizons, which is hardly the case with today's Anglo-Saxon elites.